Boris Jardel est Scorpion, 11 Novembre 1967 à Paris (75). Nous avons 25 ans d'écart, c'est ça qui rend tout compliqué. J'ai quinze ans, lui quarante. Je fais un peu plus que mon âge mais ça ne peut être suffisant. Je n'ai donc que trois solution. 1) Lui faire remplir un dossier d'adoption. 2) Le demander en mariage. 3) M'en remettre à la magie noire. L'adoption a ses avantages mais tout un tas d'inconvénients. Fini les parents, le collège Pierre Darasse, les délires de la Guimauves'TEAM, l'achevement de la jachère, je saurais pousser droit en reniant de ma sève toute sa toxicité. Je serais son enfant et sa petite soeur, du lever au coucher il dira : ma chérie. Je me ferai discrète, mutine et presque douce. Je resterai en coulisses, je lui ferai du thé, bien mieux, de l'hydromel. Bruyères bleues bergamote, écorchure de gingembre : je préserverai jusqu'a ses amygdales. Au sortir des concerts je cajolerai ses temps, doigté en baume du Tigre. Le soir il viendra dans ma chambre, on s'amusera à l'attrape-accord avec nos guitares, on rira. Je lui montrerai mon cahier. Il en tricotera des melodies. Nous vivrons dans un loft clair, parsemé de coussins, d'objets précieux et tonkinois. Et jamais l'affliction ne pourra nous faucher, non jamais la douleur ne pourra exister. Le problème c'est le 3, la funeste trinité, cellule triangulaire qui toujours se profile à un moment donné. Je sais que c'est inexorable. Tôt ou tard l'intrusion d'une belle-mère. Je ne pourrai le supporter. J'en prendrai pour quinze ans, homicide volontaire et prémiditation. Boris sera traumatisé, le groupe ne s'en relèvera pas, leur oeuvre mise au conditionnel. Je n'aurais plus qu'a me suicider et j'aurai tout foutu en l'air, je finirai dans la fosse commune tellement je l'aurai mérité. Le garder pour moi, donc. Un et deux point final. L'unique entre ses bras passé la puberté. Me faire aimer jusqu'a la chair, l'apprivoiser fouet des saisons, espérer que mon corps lui devienne nécéssaire. Mais ça ne résoudra rien, peut-être même qu'au contraire. Le scandale punaisé sur les murs de toutes les villes, abus, pédophilie, prise d'otage médiatique inceste en indirect, le bannissement, la fuite. Nous pourrons nous cacher, sourire au fond d'une grotte perpétuons nos méfaits, jouir plus qu'il n'est admis et même envisageable, sous mon dos pas la terre, pas le sable ni la nuit. Le cadavre du groupe, sa depouille en cale-reins. Alors, grandir. Ici en attendant l'ailleurs, celui où ça doit arriver. L'évènement. La rencontre. Sa guitare me parle sa guitare me dit. Je ne veux pas croire au hasard, ça rend la vie vulgaire, la mienne est assez sale comme ça.
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.Extrait modifié: La dernière fille avant la guerre de Chloé Delaume
NEWS :
Le temps de l'amour est terminé enfin. Je t'aime à présent fanatiquement seulement.